20 oct. 2009

Il ne fait pas bon être dans ma tête (j'imagine)

Quand j’étais adolescente, je me détestais, je me méprisais de toute mes forces, et je souffrais, d’une souffrance mesquine et pitoyable. Je m’enfermais dans ma chambre et je tentais de me creuser les bras à coup de couteaux mal aiguisés, en me méprisant férocement de tant ressembler aux clichés pathétiques qu’on véhicule sur les adolescentes, je rageais de haine contre moi et je ne tentais aucun « appel au secours », tant j’avais entendu des gens parler de ceux qui s’y livraient avec mépris.

Je pleurais de rage et mon frère m’engueulait, ayant tellement l’air de savoir mieux que moi ce que j’étais supposée ressentir que je n’osais pas mettre de mots sur mes sentiments, de peur de me détester encore plus. Ma mère me reprochait à demi-mot de me mettre dans de tels états quand j’avais tant pour être heureuse, pathétique petite fille gâtée qui fait semblait de souffrir gravement, d’être sérieusement malheureuse pour attirer l’attention !

Ca continue !

Je deviens folle, folle, folle, de tout garder pour moi, folle de haine et de mépris de moi, je voudrais crier au monde que je me hais, que je m’excuse d’être moi ! Que je suis la première à me mépriser, de toutes mes forces !

Je n’arrive pas à le garder pour moi, à avoir assez de dignité pour me débrouiller seule avec moi-même, mais je ne le crie pas sur tous les toits ! J’essaye !

Il faut que quelqu’un le sache, il faut que l’on me dise que je suis à plaindre, que je ne suis pas une larve gluante, un gachis de chances dont d’autres auraient tellement plus profité !
J’ai le cœur qui bat très vite, mais je ne pleure pas, je n’arrive pas à pleurer, j’ai peur de faire semblant, de me mentir à moi-même.

Je suis seule, je me suis encore couchée bien trop tard et je n’arrive plus à penser correctement, comme à chaque fois.

Je prends tout en pleine face, je suis totalement perméable, je lis les avis des uns sur tout et rien et chaque fois qu’ils condamnent les autres pour leurs opinions ou qu’ils les traitent de cons, j’ai l’impression que c’est moi qu’ils visent, c’est moi qui regroupe tous ces méprisables vices, ces avis idiots, c’est moi !

Tout me blesse, tout m’entaille, tout le monde s’en fout, et c’est complètement normal, pourquoi personne n’essaye de me rassembler, pourquoi je suis toujours toute seule, pourquoi je n’ai pas le droit de le dire….

Je suis profondément insignifiante, je ne ressemble à rien, je ne veux pas devenir folle, il faut que, potentiellement, quelqu’un le sache, quelque part.

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